L'épopée au Machu Pichu
Alors que tout le monde semblait pourtant en mesure d'aligner les quelques 60 dollars nécessaires pour prendre le train reliant Cuzco au pied du Machu, nous nous révoltons à l'unisson contre cette alternative, bien décidés à ne pas verser le moindre centime à cette société chilienne qui, il y a 10 petites années de cela, sous l'ère de l'avide et peu scrupuleux Fujimori (à l'époque président du Pérou...oui oui...et qui depuis vit une retraite dorée au Japon), avait acquis la totalité des droits concernant ces rails, privant les Péruviens de recettes qui n'auraient pas été superflues. Nous nous lançons ainsi par nos propres moyens, plein d'enthousiasme et de motivation, à l'assaut de la cité perdue des Incas. 2 tentes, les duvets, une ptite brosse à dents et une 20aine de kilos de bouffe...on prévoit 3 jours et un retour programmé au 9 juillet pour...vous savez quoi. *** Jeudi 06 juillet Début de matinée, terminal terrestre de Cuzco Premier bus, direction Santa Maria. Premier bus et première désillusion, une demi heure de route et un problème technique immobilise notre engin sur le bord de la chaussée. La journée s'annonce longue. Un pseudo mécanicien vient plus ou moins nous sortir de ce faux pas en moins d'une heure. Mais il faut bien le dire, l'âge avancé du bus ne rassure personne. Finalement, parcours sans encombre, 5h environ sur des routes en terre bien sinueuses. La quiche n'est jamais bien loin dans ces cas là. À peine le temps de descendre, on saute dans un combi pour Santa Theresa. Tant que le combi n'est pas plein à craquer, on ne part pas. Nous sommes donc une bonne douzaine à s'entasser sur des places pour nains. Mais 3 ptites heures seulement pour arriver au pueblito. En contrebas du village, nous traversons le fleuve dans une cage suspendue à une quinzaine de mètres de l'eau. Seul stratagème répertorié pour rejoindre un camion benne de l'autre côté. La nuit est déjà tombée, dernier camion, âpres négociations...finalement nous sauterons tous les 4 dans la benne pour rejoindre le barrage hydraulique, annoncé à 3h du Machu. 2 heures de marche à la lampe de poche. Franchement, la journée pèse, on se demande un peu ce que l'on fout là, mais gros moral...tout le monde pousse dans le même sens, et personne n'ose raler ou presque. ![]() Petite coinche à la bougie Nous monterons un petit campement de fortune au pied de la montée finale, complètement à l'arrache derrière un gigantesque panneau annonçant la Machu à 1h. Le réchaud de militaire, qui avait auparavant fait l'objet de toutes les critiques, nous offrira un magique plat de pâtes. La bouteille de sky finira de nous combler, de nous réchauffer et allégera par la même occasion mon sac. Et bien entendu, une bonne coinche pour ne pas perdre les bonnes habitudes. *** Vendredi 07 juillet Lever aux aurores, 4h30 tout le monde sur le pont, on plie bagages. C'est l'heure de la dernière ascension. Une lampe pour 4. Notre Tom Boonen à nous (Mary) sera décramponée dans les premiers hectomètres, moi (Max) gros coup de fringale à la flamme rouge, mais finalement tout le monde rentrera dans les délais, en l'occurence le lever du soleil, sur les coups de 6h45. Plusieurs bus sont déjà là. ![]() Le Machu Pichu Le spectacle est à la hauteur et le Machu plus mystique que jamais. Perchée sur sa montagne, entourée de hauts reliefs, au milieu d'une végétation dense, on comprend mieux pourquoi la cité perdue des Incas ne fut découverte qu'en 1911 (par un archéologue américain), alors que ses terrasses étaient exploitées par un paisible couple de paysans péruviens. ![]() C'est dur pour certains... ![]() Le pic du Huayna Pichu au fond Il est 14h, le flot de touristes continue de largement se déverser sur les lieux. Nous filons. La descente est une course effrénée; son centre de gravité nettement plus bas l'avantageant, Adri remportera 2 des 4 spéciales du jour. ![]() Le Machu vu du Huayna...coucou en bas à gauche Mais l'aventure est loin d'être terminée. Nous sommes en effet au Kilomètre 112 de la voie ferrée, et nous devons rejoindre le Km 82, pour y attraper un combi. Aucune route auparavant, seulement la voie ferrée. Nous décidons de marcher jusqu'à la nuit. Nous sautillons de rail en rail, le long du torrent, au gré des énigmes et autres enchères de la Cible, avec Pich en Olivier Minne. Environ toutes les demis heures, un train (interdit aux touristes) déboule et il faut alors se blottir contre le bas côté. ![]() Les fameux rails Un peu surpris par la nuit et après une vaine recherche de ce fameux terrain de camping conseillé par un péruvien, nous planterons nos sardines au Km 104, non loin de la voie ferrée, ce qui nous servira également de réveil matin pour avaler les 22 kms restants le lendemain. Pour redonner vie à des organismes usés, rien de tels que de bons frijoles (sorte de flageolets) et des carottes mayonnaise. Vous admirerez au passage les choix alimentaires de fins gourmets.. Les dernières gouttes de sky, un petit Solano-Such (petit jeu de cartes apparemment équatorien) à la lumière de la lune et des bougies (lumineuse idée marie...très bien les bougies¡¡). On s'endormira en voyant défiler des lattes de voie ferrée... *** Samedi 08 juillet 6h le premier train klaxonne 7h notre deuxième réveil, en l'occurence Wibus, met une première fois la pression 8h on plie tout et on part à l'assaut d'un premier village pour un ptit déj. Info une nouvelle fois erronée, pas l'ombre d'une maison. Marche toute la matinée sous un éclatant soleil. ![]() Marie, Adri et les monts enneigés On est seul au monde, jusqu'à une brève rencontre avec un homéopathe brésilien, très sympa, qui nous vendra très bien son pays (prochain voyage??), et qui nous annoncera une source à quelques kilomètres. Bel objectif. On fera le plein d'eau un peu plus loin dans un ranch. Regonflés à bloc, nous arriverons non sans peine au Km 88, ou les premiers signes de vie apparaissent. ![]() Ouais, ouais...ça tire un peu Un petit monsieur fait sa petite popote dans une cabane...on va en profiter pour lui commander une bonne assiette de patates au thon en échange d'un bien modique somme. Malgré la fatigue, on ne résiste pas de taper la balle (un espèce de ptit taureau) avec ses 3 gamins. Les 6 dermiers kilomètres seront une formalité, nous aurons même l'agréable compagnie d'un groupe d'agriculteurs péruviens, qui descendaient justement de leur montagne et ont aterris sur la voie ferrée avec nous. L'un d'entre eux portait fièrement le maillot de zizou...eh oui même là. Le temps que Fred leur explique la mondialisation, et voila nous arrivions au panneau ultime, celui du Km 82, celui qui mettait fin à nos souffrances musculaires, et aussi celui qui a éclairé les visages de chacun d'un large sourire. ![]() kilometro ochenta y dos Nous nous faisons ensuite tranquilement déposer à Cuzco. C'est la fin de l'épopée Machu, et franchement on s'est régalé, on a bien galéré, on est tout cassé, on continue à voir des rails dans nos rêves, on a failli finir sous un train, mais on s'est régalé. Grosse aventure humaine. Et en plus on arrive dans les temps pour la finale. *** Dimanche 09 juillet Le coup de fil du matin à Chaponost nous informe in extremis de l'horaire avancé du match. Merci papa. Ce sera donc à 13h, heure péruvienne. Bar plein à craquer, remplis en grande partie par des Italiens. Grosse tension pendant plus de 2h, grosse déception après le coup de tête dans le thorax, grosse déprime après les pénaltoches...Mais c'est ainsi. Ça ne nous empêchera pas d'aller danser jusqu'au bout de la nuit pour oublier tout ça. Le lendemain, ce sont les difficiles adieux avec Marie et Adri...un jour de plus non???non il fallait rester sur ce souvenir d'une semaine magique à tous les niveaux, et pour nous, Cuzco sera définitivement associé à nos deux amigos...Bon vent et à la rentrée sur Lille pour de gros weekends en perspective. |










2 Comments:
At 16:03,
Anonyme said…
Hello les surfeurs,
Tres bon ce petit resume qui inclue une partie culturelle et historique bien importante a mes yeux.
J aime beaucoup aussi le resume de cusco, vous avez tout dit !
Continuez bien,
Biz
At 19:43,
Anonyme said…
Ca déchire vos aventures...
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